lundi 14 avril 2008

Premier Croquis

Elle entre ...
Elle
Tu sais, ce n’est pas ce que j’ai voulu.
Moi
Je sais. Parfois je m’ignore. Je ne t’en veux pas, la nuit.
Elle
Et le jour ?
Moi
Je t’oublie.
Elle
Pourquoi suis-je ici ?
Moi
Pour que l’on se souvienne.
Elle
Je me rappelle, tu étais si charmant quand tu as passé la porte la première fois.
Souviens-toi.
Moi
Je vois la porte, la lumière jaune du jour. Je ne venais qu’acheter des bananes, en fait. Je suis ressorti de la fruiterie avec une pomme. On ne peut pas toujours avoir ce que l’on veut.

Un temps

Elle
Tu es ressorti avec bien plus qu’une pomme, concentres-toi.
Moi
J’ai ton sourire de graver, en quelque part. Tu étais rayonnante, j’étais mort, déjà. J’aurais du fuir. Mais la pomme. Son prix était comme une promesse.
Elle
J’ai oublié, l’argent, le temps.
Moi
Et tout ça à cause de la pomme. De son poids, de son prix. Un chiffre idiot, une coïncidence un peu grasse. J’ai cru à un signe, pourquoi pas ? Tu riais et déjà j’en pleurais.
Elle
Tu étais si mal à l’aise, si timide. Charmant, oui, comme quand tu as passé la porte. Tu n’étais qu’un enfant.
Moi
J’étais si vieux, déjà. L’âge ne veut rien dire, nous le savons tout les deux. Je me souviens de ma sortie, de l’air dehors, trop chaud, de tes cheveux bouclés, et de l’impression d’être dans un rêve, mais sans jamais me réveiller. Le réveil est venu plus tard, bien plus tard.
Elle
Tu étais si charmant, quand tu as franchis la porte.
Moi
Cette porte n’existe plus maintenant. Elle m’a engloutie. A-t-elle seulement existée ? Il ne reste qu’un souvenir que toi que j’essaie d’étamper sur cette page.

Elle fait un pas pour sortir de la scène.

Moi

Ne part pas, pas si vite.
Elle
Je ne peux pas rester, tu sais bien. Je ne suis plus là. Est-ce que je suis vraiment comme cela, est-ce que je suis elle, moi ? J’étais belle…

Elle se contemple dans un miroir.

Moi
Tu es ce que je voulais que tu sois, à ce moment là. Ne changes pas, demeure cette fille derrière le comptoir, celle qui souri, qui rit à cause du prix d’un fruit. Sois une inconnue, pour la vie.
Elle
Il est trop tard, tu le sais bien.
Moi
Parfois je me demande qui je serais si je n’avais jamais franchi la porte, si je n’avais jamais eu envie d’une banane, ou si je n’avais pas acheté une partie de hasard.
Elle
On ne peut savoir.
Moi
Je le sais bien.
Elle
Tout ça est le passé.

Elle sort …

2 commentaires:

Benoit Bordeleau a dit…

Hello Sir Becks. J'ai pris la liberté de t'ajouter au blogroll de Cerné. Je viendrai squatter les lieux régulièrement.

B

Anonyme a dit…

UN mélange de Chaurette et de bien d'autres choses,

Bananes, pomme. J'aime.

AD