Je les vois défiler l'une après l'autre devant moi un flot inlassable. Je dois leur sourire, leur dire bonjour, les servir même si dans quelques secondes elles repartiront, elles n'auront été qu'une pause dans une journée passé à les attendre tranquillement, la pluie contre la fenêtre, le soleil plein les yeux.
Aujourd'hui tout est différent, aujourd'hui elle est venue et s'est arrêtée quelques éternités devant la fenêtre ouverte, j'ai pris le temps de faire un portrait d'elle dans ma tête, ses cheveux noirs qui volaient au vent, son sourire où j'ai eu envie de m'accrocher pour fuir le temps qui passe, mais déjà elle était partie et m'a laissé devant la fenêtre le souffle court, perdu, avec le regret de ne pas avoir su lui demander son nom.
Je n'aurai jamais vu ses yeux ni le regard qu'elle portait sur moi par la fenêtre ouverte, il est trop tard maintenant, elle est repartie et je suis pris avec ce fantôme d'elle qui m'assaille la vie, me lacère les pensés. Peut-être que la prochaine fois je trouverai le courage de faire le pas, de sortir par la fenêtre ouverte, de lui demander son nom pour ne pas qu'elle s'efface complétement dans le flot des autres elles, son nom comme une ancre pour la tatouer à ma mémoire.
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