mardi 2 septembre 2008

Regard

Le train est dans quarante minutes.
On peut s’asseoir à une table, là-bas, et parler en attendant.
Oui, bonne idée.

Le temps se passe, lentement, sans que je puisse m’approcher, la connaître et savoir, être capable d’éclairer tout ces endroits sombres où je m’égare avec elle en tête. Bientôt elle descendra l’escalier et je l’aurai perdue sans même avoir pu lui dire la vérité. La vérité, en fait, je ne la sais pas. J’aurais besoin de temps, d’un pli temporel, être maintenant mais dans deux mois, ou un an, mais plus tard, plus loin. Mais dans deux mois, ou un an, elle ne sera plus la même, elle sera avec lui, surement, je m'en doute, et moi je serai seul avec l’impression d’avoir passé à côté de quelque chose, sans savoir ce que ça peut être. Je ne peux que lui sourire, maintenant, et réprimer cette envie que j’ai de m’approcher toujours plus, de l’écouté me parler de plus en plus près, pour sentir son parfum, pour entendre les mots qu’elle ne dit pas, ceux que j’invente, peut-être.

Je ne sais pas vraiment. Ce n’est pas clair, je ne comprends pas ce qu’il veut.
Et … ?


Le monde autour est moins clair, quand elle parle, quand elle me regarde. C’est comme dans certains films, quand par un jeu de lumière le directeur photo met en accent le visage d’une perle, comme elle, jusqu’à ce qu’on ne voit plus qu’elle, partout sur l’écran. Tiens, l’amour est peut-être comme ça, comme un effet de cinéma. La vie me présente ce qu’elle veut, dans le fond.

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