mercredi 15 octobre 2008

Mélodie déchainée

La pièce est vide de toute trace d'Elle.

Elle s'est levée sans dire un mot, a ramassé ses vêtements puis est partie sans faire de bruit. Je m'en veux de ne pas m'être réveillé, de m'être endormi et de ne pas avoir su profiter de toutes les secondes pendant lesquelles Elle était près de moi.

J'ai toujours eu peur de me réveiller un matin, dans un lit désert, et d'apercevoir sur l'autre oreiller un bout de papier trop blanc, marqué de non-phrases comme « On se rappelle » ou « À bientôt », des faux-mots qui dans la lueur du matin me mentiraient des promesses auxquelles je ne pourrais me permettre de croire. Pourtant quand je me suis réveillé ce matin j’ai été déçu de ne pas trouver un mensonge, un vestige de sa présence. Peut-être qu’elle n’est jamais entré dans la chambre, qu’elle n’a jamais laissé tomber sa robe doucement sur le plancher froid. Elle ne m’a alors pas offert ses lèvres pour que je puisse un instant me nourrir d’Elle, plaquer mon corps contre le sien pour suivre le rythme de ses respirations. Peut-être que j’ai imaginé les courbes parfaites de ses seins, les effluves de sa peau.

La pièce est vide de toute trace d’Elle. Hier soir j’ai ramené un fantôme à la maison, et ce matin je ne suis plus sur de qui je suis.

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