mardi 16 décembre 2008

Porte

J'ai cogné à sa porte, mais Elle ne m'a pas ouvert. J'ai cogné doucement, cinq petits coup, pour ne pas lui faire peur. Tout le monde me répétait qu'Elle ne tomberait pas en amour. Elle me le disait sans cesse, avec ses mots. Ses yeux me glissaient le contraire à l'oreille.

Alors je lui ai donné un trèfle à quatre feuilles, en espérant chasser ses soucis. Je savais bien qu'Elle n'avait aucune place pour moi dans ses bras, pas à ce moment là. Je pensais que plus tard Elle aurait peut-être de l'espace pour nous.

J'ai fait du mieux que j'ai pu pour ne pas cogner trop fort, pour ne pas la réveiller. Pour nous donner du temps. J'aurais du attendre au loin, attendre qu'Elle vienne me rejoindre d'elle-même. La faire courir, me faire désirer. Mais je n'ai pas eu la force de résister à ses sourires, de m'empêcher de vouloir goûter ses lèvres, de dormir dans ses bras. J'ai cru que je serait suffisant, qu'Il m'ouvrirait la porte, simplement.

J'ai cogné trop fort. Mon mot contre sa porte, huit lettres. Je n'ai pas su les retenir. Je ne les regrette pas. Elle m'a laissé entrer, quelques instants. Une dernière fois. Le lendemain, Elle s'est verrouillée à clé.

Me voilà emprisonné à l'extérieur d'Elle.

Aucun commentaire: