mercredi 8 juillet 2009

Ma douce enfant.

Elle est assise dans le lit, ou sur le divan, à moitié nue et j'ai mal à la regarder. Elle n'existe pas.

Il y a quelque chose d'incroyable dans ses yeux. Ils changent. Ils peuvent être de la couleur des ciels les plus bleus, comme si ils pensaient à la pluie, ou d'un vert apaisant, selon son humeur. Je les préfère gris parce que je peux m'y retrouver, un peu perdu dans tous mes doutes et mes peurs.

Passer une journée à explorer chacun des recoins de sa peau, faire connaissance avec ses grains de beauté, les apprendre par coeur comme des dates importantes, comme un numéro de compte en banque. Essayer de les relier, même si c'est cliché, même si je l'ai déjà fait, pour voir si finalement ils ne cacheraient pas un dessin. Me marier à celui sous son sein, parce que, naturellement.

Son corps dans la lumière du matin. Translucide, comme si elle n'était déjà plus là.

Écrire des journées entières de pages d'Elle pour réduire la distance entre son corps et le mien, pour le tracer de mes mots, pour faire des lacs d'encre et tout tacher.

Ma peau tachée par la sienne à jamais.

1 commentaire:

Amande a dit…

"...faire connaissance avec ses grains de beauté, les apprendre par coeur comme des dates importantes, comme un numéro de compte en banque. Essayer de les relier, même si c'est cliché, même si je l'ai déjà fait..."

Étant tapissée, j'aime tellement les histoires de grains de beauté. J'aime moins les histoires de doutes et de peurs, même si j'suis aussi tapissée, par l'intérieur.