vendredi 27 juin 2008

Je ne suis plus bien avec toi.

Je ne sais pas comment je suis arrivé ici. Je ne me souviens de rien depuis que j’ai fermé l’ordinateur. Je ne me souviens pas de m’être levé de ma chaise, d’avoir enfilé mon manteau, de verrouiller la porte. J’ai marché pendant quinze minutes pour me rendre jusqu’à la station de métro, mais il ne me reste aucune image de ce voyage. Je ne pourrais pas nommer les magasins que j’ai croisés, même si je fais ce trajet à chaque jour pour me rendre là où je dois être. Justement, c’est ça. Je ne sais plus où je dois être, où je dois me mettre.

Je suis dans la station de métro, debout sur le quai, dans une foule de visages inconnus. Rien ici ne me semble réel. Il fait chaud, mon gilet colle à ma peau. Une sorte de malaise naît en moi, j’en perds l’équilibre. Je suis incapable de parler, et même si ma gorge pouvait laisser passer des sons, je ne saurais quels mots employeur pour me libérer de cet état. Ils ont tous perdu leurs sens pendant que mes yeux lisaient les siens, tentaient d’y comprendre un message, d’y chercher une réponse.

Je ne suis plus bien avec toi. Je ne peux pas t’expliquer pourquoi. Ce n’est rien.

Ces lettres sont burinées sur ma rétine, y ont brûlé leurs formes assassines. Elles apparaissent sous mes paupières quand je ferme les yeux, comme des marques incandescentes. Comme si j’avais regardé le soleil en face trop longtemps, comme si ces phrases éclairaient une vérité de moi, de nous, que je tentais de garder dans l’obscurité. J’ai une boule dans la gorge, une masse inconfortable qui m’empêche de respirer. Je la connais, cette sensation diffuse, je l’ai déjà ressentie, elle émane de moi, m’englobe, elle naît d’un coin sombre de mon esprit et tache tout ce que je vois.

Le doute

2 commentaires:

Lilith a dit…

D'une certaine manière, ça soulage de voir qu'un individu au tempérament aussi amoureux que le tien puisse ressentir aussi clairement ce constat... Tu l'as décrit avec justesse.

Lilith a dit…

Pardonne mon étourderie, je n'ai pas saisi le changement de point de vue en italique... Ça m'apprendra à faire des commentaires avec le cerveau engourdi! Encore une fois, très joli texte, cher.