jeudi 7 août 2008

Lit de roses

Aucune note ne résonne lorsque mes doigts activent les touches noires et blanches du vieux piano auquel je suis assis. J'ai coupé les cordes qui lui donnaient sa voix en même temps qu'elle tranchait ses poignets, deux coups de couteaux précis, simultanés, deux traits de lames dans le noir de la nuit pour enfin faire taire cette musique qui n'était que trop présente dans nos têtes.

J'ai rêver à tous ces films que personne ne fera jamais sur des moments de ma vie qui sont brulés à même mes rétines. Je m'imaginais sur le grand écran, lui donnant la réplique, Elle et ses beaux yeux grands d'un mètre, et j'espèrais qu'au cinéma au moins nous connaîtrions une fin heureuse.

Je me suis réveillé toujours assis au piano, plus saoul encore que la veille. Je crois que mes doigts ont passés la nuit à pratiquer sa symphonie du silence sur le clavier, à se rappeller ces moments vides d'elle, à l'entendre jouer. Une bouteille de vodka est fracassée sur le plancher de la salle de bal, alors que son contenu joue avec mes pensées. Nous ne danserons plus jamais. Son sang se mélange aux tésons de verre qui brillent comme des diamants sous l'éclairage du lustre en crystal. Son corps est allongé à mes pieds, dans une ultime pose. Elle est plus belle que jamais.

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