Le paysage qui défile par la fenêtre est le même depuis des heures, c’ est à croire que tout n’est vraiment qu’une mise en scène, que l’autobus ne bougent pas et que ce que je vois à ma gauche est peinturé sur d’immense rouleaux qui défilent pour me donner l’illusion du mouvement. Il est 4h50 et le soleil tarde à percer l’épais couvert de nuages.
Chacun des mètres que l’autobus franchi me ramène à moi-même.
Je peine à fermer l’œil, trop effrayé de voir le temps m’échapper, de le voir s’effriter sur le mince cordon de bitume qui s’étire devant nous. Effrayé de ne pas pouvoir profiter de toutes ces secondes qui restent avant la réalité.
Il pleut depuis notre départ, il y a quelques jours. L’eau de pluie qui ruisselle a laissé des marques sur ma peau, a cicatrisé mon visage. J’espère qu’elle me reconnaîtra, et que dans ses yeux je me verrai comme je me voyais avant cette parenthèse.
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